Le Lac du Soulier, Queyras, 1er novembre

Situé juste au dessus du col de l'Izoard, à 2500 mètres d'altitude, il y a un adorable petit lac discret et tout rond. Alors que ce jour-là j'avais en tête d'aller photographier les Aiguilles d'Arves, intrigué de découvrir ce lac, j'ai profité d'un beau temps exceptionnel et de mon abonnement au tunnel du Fréjus pour modifier mon programme et m'y rendre sans savoir vraiment à quoi m'attendre. Il a neigé en début de semaine au dessus de 2000 mètres et nous sommes le 1er novembre.

Pourtant une formidable surprise m'attend...

16h30: Après une petite heure de montée, d'abord au travers d'une magnifique forêt de mélèzes dorés puis dans un décor entièrement minéral et partiellement enneigé, j’atteins le fameux Lac du Soulier qui se livre à moi dans son écrin de blancheur et de dorures. Le soleil vient de passer l'horizon, n'éclairant plus que les sommets qui entourent ce lieu pur et sauvage.

Je pose mon sac et m'active sans attendre à capturer ces instants éphémères alors que la nuit nous transporte doucement dans son obscurité.

18h30: C'est le moment de dresser la tente. Je décide de l'installer sur le minuscule replat d'une petite crête située juste au dessus du lac.

11h00: Dans la nuit, le vent forcit et me réveille. Je regarde au dehors, la lune s'est levée et il semble presque faire jour. Je retourne photographier.

Au loin, la tente faseye sous les rafales de plus en plus soutenues du vent jusqu'à ce qu'un silence anormal me fasse prendre conscience que je ne l'avais pas correctement fermé. Elle vient de disparaître. Je la retrouverai juste derrière la crête, roulée, chiffonnée mais en bon état. Le vent n'a de cesse de souffler par rafales successives.

Après une nuit courte, froide et agitée, j'attends le lever du soleil qui, au petit matin embrase à nouveau les lieux. En repartant vers la vallée, j'avais comme l'impression d'avoir vécu un rêve éveillé que je garderai longtemps en mémoire.

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